Je n'ai pas conscience de ce qui est en train de se passer. Ce n'est pas rien après tout, l'hôpital. Je ne réalise pas réellement je pense. J'ignore comment ce sera, j'ignore si mon cas va m'amener jusqu'à là-bas. Je ne sais plus où j'en suis.
Et j'en rigole de peur d'avoir à en pleurer. Pour retenir mes larmes et mes joues tremblantes, un sourire se dessine sur mon visage. Ce n'est pas de l'insolence, juste un moyen de protection parmi tant d'autres. Mais si je ne m'autorise pas à pleurer en thérapie, alors je ne pourrais jamais pleurer nulle part. Je fais déjà de gros efforts, quelques larmes coulent quand je suis seule, mais ce n'est pas suffisant.
Ce n'est jamais suffisant.
Je veux m'en sortir, je vacillais entre le pour et le contre, je sais ce que je veux maintenant. Je veux relever la tête, ce ne sera pas tous les jours facile, mais je m'en sortirai. J'ignore comment et avec quelle force, mais ca va aller. Je fais confiance à ces gens qui ont reçu ma vie entre leurs mains. Je crois en eux, à défaut de croire en moi. Je m'appuie sur les petits bouts de vie qui me restent, sur les quelques personnes qui ont toujours été là, sur mes parents aussi.
Je m'en prends plein la figure, chaque jour est une épreuve. Mais je n'ai jamais baissé les bras. J'ai été tenté, mais la force que je possède m'a amenée à me battre. Parfois trop, souvent pas assez. Mais la preuve, je suis toujours là.

Les jours se suivent et se ressemblent. J'attends, patiemment, que le téléphone sonne. Ma vie ne tient plus qu'au fil d'un téléphone. Ma survie surtout.
J'ai envie de renaître. De bâtir enfin un chemin solide. J'y crois...

En avoir marre et se laisser abattre sont deux choses différentes.

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